Posted by: Maxime | 25 avril 2008

Mystères de l’Amour.

“Jeux et Ris qui suivez mes traces,
Volez, empressez-vous d’embellir ce séjour.
Venez, aimables Grâces,
C’est à vous d’achever l’ouvrage de l’Amour.

C’était il y a déjà presque quatre ans, j’avais le privilège d’entrer dans l’univers magique de l’Opéra de Nancy, pour assister aux répétitions du non moins magique Pigmalion de Rameau. Jamais expérience musicale n’aura été si troublante. Magali Léger, qui endossait parfaitement le rôle de l’Amour, enchantait les quelques privilégiés de sa voix fluette et caressante. La répétition de son air, rythmée par le clavecin pour seul instrument, créait un tourbillon entêtant, et me troublait au point d’oublier que j’étais dans un bâtiment de pierre et de bois, dans un décor en carton pâte.

Pis, L’Amour (j’oubliais totalement que son vrai nom était Magali Léger, qu’elle avait une vie, sans doute un quotidien bien différent de celui de Pygmalion) m’achevait en s’empressant de m’envoyer, de ses mains vides, des flèches aussi invisibles que transperçantes. Sous le charme, ébloui, étourdi, et profondément ému, j’eus bien du mal à me retenir pour me lever et poser sur son front lisse un baiser délicat.

Pourquoi diable le metteur en scène a-t-il interrompu ce doux rêve? Reverrai-je Magali Léger un jour?

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